Parc naturel régional de Brière : un nouvel épisode de botulisme confirmé
Après les premiers signes détectés dès la mi-juin, les gestionnaires du marais de Brière renforcent la surveillance et le ramassage des oiseaux afin de limiter la propagation d'un nouvel épisode de botulisme aviaire.
Au cœur de l'été 2025, le marais de Brière avait connu l'une des plus graves crises sanitaires de son histoire récente. Favorisée par les fortes chaleurs, la baisse du niveau de l'eau et la concentration des oiseaux sur les dernières zones humides, une épizootie de botulisme aviaire avait provoqué une hécatombe. Plus de 3 000 cadavres avaient été recensés dès la fin juillet en Brière et au lac de Grand-Lieu, avant que le bilan ne dépasse largement les 8 000 oiseaux morts à l'échelle de la Loire-Atlantique au cours de l'été. Un an plus tard, les gestionnaires du territoire ont choisi d'anticiper. Dès la mi-juin 2026, une veille renforcée a été déployée sur les secteurs les plus sensibles, avant même la confirmation des premiers cas. Cette stratégie de détection précoce révèle aujourd'hui une augmentation progressive de la mortalité, sans commune mesure toutefois avec la catastrophe écologique de l'an dernier. Face à cette évolution, le Parc naturel régional de Brière, la Commission syndicale de Grande Brière Mottière et le Syndicat du Bassin Versant du Brivet intensifient leurs moyens de surveillance, de collecte et de prise en charge des oiseaux.
Une surveillance anticipée pour détecter les premiers foyers
La principale évolution de cette saison réside dans l'anticipation. Depuis la mi-juin, les réserves naturelles de Brière font l'objet d'un suivi systématique. Trois tournées hebdomadaires sont réalisées sur les secteurs les plus sensibles. Deux par la Commission syndicale de Grande Brière Mottière, et une par le Parc naturel régional. Le Syndicat du Bassin Versant du Brivet complète ce dispositif sur d'autres sites humides, tandis que les usagers du marais sont invités à signaler toute mortalité suspecte. Chaque découverte d'oiseau mort ou agonisant est documentée. Des prélèvements sont transmis, via l'Office français de la biodiversité et la Fédération départementale des chasseurs de Loire-Atlantique, aux laboratoires spécialisés afin de confirmer le diagnostic et de suivre l'évolution de l'épizootie.
Près de 600 oiseaux collectés, mais une crise moins sévère
Depuis le début de l'épisode, près de 300 oiseaux ont été retrouvés morts sur la seule Réserve naturelle de Brière. À l'échelle de l'ensemble de la zone humide briéronne, les opérations de collecte concernent désormais près de 600 individus. Les espèces touchées sont principalement des oiseaux d'eau (canards colverts, foulques macroules et grands cormorans). Des espèces protégées figurent également parmi les victimes, notamment la spatule blanche, l'échasse blanche et la mouette rieuse. Les gestionnaires restent néanmoins prudents. Si la mortalité progresse, elle demeure très inférieure à celle observée au même stade de l'été 2025. Les conditions estivales restent toutefois favorables au développement du botulisme car l'abaissement progressif du niveau d'eau concentre les oiseaux sur quelques secteurs et facilite la diffusion de la toxine produite par la bactérie Clostridium botulinum.
Ramassage quotidien et prise en charge des oiseaux vivants
Pour limiter la propagation de la maladie, la rapidité d'intervention constitue désormais un enjeu majeur. Le Parc naturel régional de Brière a missionné des agents saisonniers du SBVB afin d'assurer un ramassage quotidien des oiseaux morts sur la Réserve naturelle. Les équipes interviennent en binômes afin de renforcer la sécurité et d'accélérer les opérations. En dehors des réserves, les chasseurs, pêcheurs et autres usagers du marais participent également à la collecte. Les cadavres sont déposés dans des bacs spécifiques installés par la Commission syndicale avant leur élimination. Les oiseaux retrouvés vivants bénéficient, eux, d'une prise en charge vétérinaire. Transportés dans la journée vers la clinique vétérinaire de Guérande, ils reçoivent les premiers soins avant, si nécessaire, d'être orientés vers un centre spécialisé de soins à la faune sauvage. Cette organisation vise à réduire la mortalité tout en limitant le maintien de foyers infectieux dans les zones humides.