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Publié par Soizick David, le 14 Octobre 2026

Loi contre les violences sexistes et sexuelles : la majorité nazairienne et Matthias Tavel divergent

La majorité municipale de Saint-Nazaire regrette l’abstention du député Matthias Tavel lors du vote de la proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles, tandis que l’élu LFI-NFP dénonce un texte insuffisant et un manque de moyens financiers pour protéger les victimes.

Loi contre les violences sexistes et sexuelles : la majorité nazairienne et Matthias Tavel divergent
503 députés ont voté pour, 67 se sont abstenus dont 66 députés LFI-NFP © Wikimedia Commons

Adoptées en première lecture à l’Assemblée nationale le mardi 13 octobre 2026, deux propositions de loi consacrées à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et à l’adaptation de la justice ont donné lieu à un désaccord politique jusque dans la vie locale nazairienne. Les deux propositions de loi ont été adoptées par 503 voix pour, aucune contre, et 67 abstentions, dont 66 proviennent du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Le lendemain du vote, la majorité municipale a publié un communiqué pour critiquer l’abstention de Matthias Tavel, député LFI-NFP de la circonscription. Celui-ci explique son choix.

La majorité nazairienne regrette l’abstention des députés insoumis

Dans un communiqué de presse de ce mercredi 14 octobre, la majorité municipale sociale-démocrate de Saint-Nazaire salue la proposition de loi qui « comporte des avancées concrètes et attendues pour mieux protéger les victimes. Nous prenons donc acte avec incompréhension de l’abstention des 66 députés de La France insoumise, parmi lesquels le député de notre circonscription, Matthias Tavel. Lorsqu’un texte apporte des avancées réelles pour les femmes et les enfants victimes de violences, l’abstention n’est pas un détail technique : c’est un choix politique », indique-t-elle. La majorité de David Samzun rappelle qu'en juin 2026, le conseil municipal de Saint-Nazaire, toutes tendances politiques confondues, avait adopté à l’unanimité un vœu en faveur de cette proposition de loi. « En l’état, si le texte était adopté, il porterait 133 nouvelles mesures aux femmes et aux enfants ayant subi des violences sexistes et sexuelles. Ces femmes et ces enfants concernés n’attendent pas des postures. Ils attendent des protections supplémentaires, des droits nouveaux et des moyens renforcés », ajoute la majorité municipale.

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« Il ne peut pas y avoir de loi intégrale sans budget intégral »

Contacté après le vote, Matthias Tavel explique pourquoi il n’a pas soutenu la proposition de loi dans sa version finale. Le député rappelle que les élus insoumis avaient voté pour le texte en commission, avant de choisir l’abstention lors du vote solennel, en raison d'un texte « détricoté dans la suite des débats ». Il met aussi en avant les alertes de plusieurs associations qui ont appelé les députés à ne pas adopter le texte. Parmi elles, Médecins du Monde, Amnesty International et d’autres organisations féministes et de défense des droits humains ont publié un appel commun contre cette proposition de loi, qui privilégierait selon elles la réponse pénale au détriment de la prévention et ne prendrait pas suffisamment en compte les besoins des personnes les plus exposées aux violences. Matthias Tavel cite notamment les dispositions relatives aux femmes étrangères victimes de violences, avec des amendements visant à renforcer leurs garanties qui ont été écartés. Un autre point soulevé par le député concerne le calendrier de mise en place des entretiens individuels destinés à faciliter le repérage des violences chez les enfants. La généralisation de ces entretiens annuels a été repoussée à 2032, avec un déploiement progressif prévu d’ici là. Enfin la question des moyens mis à disposition l'interroge. « Le vote de la loi a eu lieu à 16h. À 18h suivait l'examen du budget 2027, qui ne comprend pas un centime des 3 milliards réclamés par les associations. C'est un gros moment d'hypocrisie, notamment de la part des macronistes ou encore d'Horizons », fustige-t-il encore, en rappelant que dans le même temps, la présidente de la région Christelle Morançais a retiré ses aides au planning familial. « Il ne peut pas y avoir de loi intégrale sans budget intégral », tranche Matthias Tavel. Il assure cependant que son abstention ne signifie pas qu’il renonce à défendre de nouvelles mesures, et rappelle que le groupe LFI-NFP présentera, lors de sa journée de niche parlementaire du 29 octobre, un texte portant sur le remboursement des soins destinés aux victimes de violences sexuelles, quel que soit leur âge.

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