Nouveau Conseil municipal de Saint-Nazaire : découvrez les visages de la majorité et des oppositions
L'installation du Conseil municipal s'est déroulée ce vendredi 27 mars à l'Hôtel de Ville de Saint-Nazaire.
Une semaine après le second tour des élections municipales, les nouveaux élus se sont réunis pour la séance d’installation du Conseil municipal. Dans une salle plus remplie qu’à l’accoutumée, l’ambiance était solennelle. Présidée par la doyenne Noëlle Rubaud, la séance a notamment permis d’élire le maire, les adjoints et les adjoints de quartier. Sans surprise, David Samzun a été reconduit dans ses fonctions après avoir largement remporté le scrutin avec 48,53 % des voix, dans un contexte marqué par une participation limitée à un peu plus de 49 %. Retrouvez les prises de parole des 4 groupes qui siègeront durant ce mandat, avec les lignes de fracture à venir, et les priorités du mandat à donner.
David Samzun, “maire de toutes les Nazairiennes et tous les Nazairiens”
David Samzun entame un troisième mandat à la tête de la Ville. « Je serai le maire de toutes les Nazairiennes et tous les Nazairiens » a-t-il déclaré en introduction de son discours. L'édile a également insisté sur la nécessité de débats respectueux : « J'appelle de mes vœux que cet espace qui nous est confié par les électrices et les électeurs soit le reflet d'un territoire apaisé où les débats sont respectueux ». Avant d'enchaîner: « Les élections municipales sont derrière nous et c'est au tour de l'élection présidentielle de démarrer (…). Que les candidats ou futurs candidats puisent leur inspiration au plus près des territoires qui incarnent un socialisme clair, solide sur ses valeurs, comme c'est le cas à Saint-Nazaire et depuis bien longtemps. Ici, les Nazairiennes et les Nazariens ont de la mémoire. Ils et elles ont aussi une colonne vertébrale qui tient en appui sur les valeurs de la République “Liberté, égalité, fraternité”, et un principe républicain qu'est la laïcité. Aujourd'hui, j'en appelle à la construction d'une nouvelle maison pour la social-démocratie qui s'appuiera sur les valeurs et les principes de la République (…) Je ne pense pas me tromper en disant que ce n'est pas un hasard si cette année Nous allons fêter les 100 ans du socialisme à Saint-Nazaire (…) Comme je le dis souvent, je suis amoureux de Saint-Nazaire, la Ville qui m'a vu naître, dans laquelle j'ai choisi d'établir ma vie, c'est une grande fierté d'être amoureux, maire de Saint-Nazaire, un grand merci encore pour m'avoir renouvelé votre confiance ainsi qu'à mon équipe Saint-Nazaire fraternelle, responsable et créative ». Les 37 élus de la majorité sont David Samzun, Céline Girard-Raffin, Xavier Perrin, Céline Paillard, Dennis Octor, Chloé Le Bail, Jean-Luc Séchet, Dominique Trigodet, Mathieu Failler, Lydie Mahé, Christophe Cotta, Béatrice Priou, Michel Ray, Anne-Laure Gayaud-Frénoy, Alain Geffroy, Stéphanie Lipreau, Eric Provost, Virginie Boutet-Caillé, Sylvain Perron, Sophie Normand-Couder, James Le Cocq, Anne-Sophie Perrais, Guillaume Burban, Betty Galio, Frédéric Lecomte, Nadège Atinault, Jean-Christophe Lacelle, Sophia Nicol, Didier Rialland, Julie Poussier, Franck Horn, Noëlle Rubeaud, Véran Hertel, Julie Drogueux, Paul Mouraz, Martine Dardillac, et Fañch-Emmanuel Guéno, parmi lesquels figurent 18 adjoints.
Violaine Lucas alerte sur l’abstention
La Liste d'union de la gauche Ensemble Soyons Saint-Nazaire conduite par Violaine Lucas a obtenu 22,97 % des suffrages, et 6 sèges au Conseil Municipal. Ils seront occupés par Violaine Lucas, Morgan Ceulemans, Magali Fenech, Cédric Turcas, Laurence Laborie, et Adrien Delarue. Violaine Lucas a pris la parole pour alerter sur l'abstention, très élevée lors de ce scrutin : « la grande gagnante de cette élection est l'abstention. Cette abstention nous oblige.(…) Et j'aimerais si vous ne le permettez rendre compte d'une parole qui a été recueillie le 17 mars dernier, quand nous étions en tractage dans un quartier populaire de Saint-Nazaire (…) parce qu'il est l'expression de celles et ceux qui ne sont pas venus voter ces deux dimanches, et qui doivent être au cœur de nos préoccupations de départ et des décisions politiques que nous prendrons. Cette femme déclarait : “ça ne nous intéresse pas de voter parce qu'on a plein de problèmes par rapport au logement. Nous, on paye notre loyer, on travaille, il n'y a pas la sécurité. Les gens cassent la boîte aux lettres, les gens pissent dans l'ascenseur. Tu es dans la maison la nuit, tu dois bloquer la porte au cas où quelqu'un touche la porte. Et vous nous conseillez d'aller voter ? Ce n'est pas la peine ”. Ce message, je crois qu'il doit nous marquer, nous devons le garder en mémoire tout le long de ce mandat. Et nous devons, c'est un impératif, aller vers les classes populaires tous à notre niveau comme nous le pourrons ». Elle a terminé sa prise de parole en rappelant les thèmes développés durant sa campagne (logement, santé, environnement), et en appelant à la création d’un centre municipal de santé pour répondre « à la demande pressante des habitants ».
Julio Pichon, « je ne suis pas le loup dans la bergerie »
Avec 17,39 % des voix, Julio Pichon et ses 3 colistiers (Adam Chauvel, Laurence Lanic et Laura Gilloury) font entrer le Rassemblement national au Conseil municipal. Le plus jeune élu, Adam Chauvel (19 ans), a d’ailleurs assuré le rôle de secrétaire de séance lors de cette installation, comme le veut la tradition. Mais sans l'approbation du groupe de Violaine Lucas qui s'est abstenu. Dans son intervention, Julio Pichon a voulu clarifier la position de son groupe : « je ne suis pas le loup dans la bergerie. Avec mes collègues, nous formons un groupe de quatre élus, quatre élus engagés présents et déterminés à remplir pleinement le mandat qui nous a été confié. Derrière nous, ce sont des habitants, des familles des travailleurs qui attendent que leurs voix soient prises en compte. Nous ne sommes pas ici pour faire de la figuration, nous ne sommes pas ici non nous plus pour nous opposer par principe. (…) Notre groupe sera présent, attentif et exigeant. Exigeant sur les décisions prises, exigeant sur les impacts pour les habitants, exigeant sur la transparence et la cohérence de l'action municipale. Nous avons tous ici une responsabilité commune, servir notre ville, mais il ne tient qu'à vous que ces années se passent dans un climat de respect et d'écoute constructif. Je fais suite aux dernières déclarations dans les journaux, comme quoi vous ne souhaiteriez pas travailler avec nous » a-t-il insisté en visant David Samzun.
Denis Chéreau : une opposition “utile, ferme et responsable”
La liste du Centre et de la Droite Unis pour Saint-Nazaire de Denis Chéreau a obtenu 11,11 % des suffrages et 2 sièges au Conseil municipal. Denis Chéreau est élu d'opposition aux côtés de sa colistière Andréa Porcher. Dans son discours, il a exprimé ses réserves, notamment sur la taille de l’équipe municipale qui comportera 14 adjoints et 4 adjoints de quartier, le maximum pour une ville de cette strate. « J'aurais souhaité une équipe allégée plus exemplaire, dans un contexte de finances publiques contraintes » commence-t-il. Il souligne qu'il n'y aura de sa part « ni effacement, ni opposition systématique ». Après avoir rappelé ses inquiétudes en matière de santé, sécurité, ou encore finances publiques, Denis Chéreau a affirmé « nous porterons des propositions concrètes ». Il a rappelé aussi qu'il refuserait que certains s'approprient les valeurs citées par le maire élu, comme par exemple la laïcité. « Ces valeurs, n'appartiennent à aucun camp. Ni les outrances, ni les postures, ni les divisions me permettent d'avancer. Notre ligne est claire : rassembler, agir, et respecter les Nazairiens et les Nazairiennes. Pendant six ans, peut-être sept ans, nous serons au travail avec sérieux, constance et avec une seule boussole : l'intérêt général. Saint-Nazaire mérite mieux que des clivages, et mérite une opposition utile, ferme et responsable, c'est l'engagement que nous nous prenons ce soir ».